Invaincu en cinq combats professionnels, le Sénégalais Moustapha Diakhaté, 25 ans, champion des poids mi-lourds de l’ARES Fighting Championship, s’apprête à faire ses débuts au Professional Fighters League (PFL). Surnommé «Baye Fall», le combattant revient sur son parcours, les valeurs qui guident sa carrière, ses ambitions au plus haut niveau du MMA et son désir de contribuer, à terme, au développement de cette discipline au Sénégal.
Vous êtes combattant de MMA et vous venez de signer au Professional Fighters League (PFL). Vous ferez vos débuts le 31 juillet. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Le MMA est un sport de combat qui regroupe plusieurs disciplines. C’est un sport très complet et très exigeant. J’en suis passionné et je suis heureux de pouvoir évoluer à ce niveau.
Comment avez-vous découvert cette discipline ?
J’ai commencé le jiu-jitsu brésilien à l’âge de 16 ans, en Belgique. Étant né au Sénégal, je pratiquais déjà un peu la lutte. Après plusieurs compétitions remportées en jiu-jitsu, je me suis orienté vers le MMA. J’ai alors travaillé la boxe, la lutte et toutes les autres disciplines nécessaires pour devenir un combattant complet.
Comment s’est passé votre premier combat ? Avez-vous tout de suite compris que c’était votre voie ?
Avant les combats, il y avait surtout la passion. C’est elle qui me pousse à avancer et à m’améliorer chaque jour. Depuis mes débuts, je savais ce que je voulais accomplir. Cette détermination m’a permis de persévérer, de travailler dur et d’arriver là où je suis aujourd’hui.
Vous affichez un parcours impressionnant avec cinq victoires pour aucune défaite. En très peu de combats, vous avez intégré le PFL…
Oui. Ce n’est pas seulement mon niveau de combattant qui m’a amené jusque-là. Il y a aussi les valeurs que je représente. Je porte haut les couleurs du Sénégal et de ma culture. Les performances suivent, mais je pense que les gens apprécient également ce que je représente et le message que je véhicule auprès de la jeunesse.
On vous surnomme “Baye Fall”. Pourquoi ce choix ?
Ce n’est pas un personnage que je joue. C’est ce que je suis. Je suis Baye Fall et je voulais montrer ce que représente réellement cet état d’esprit : le travail, la discipline, l’humilité et le respect. Nos anciens ont consacré leur vie au travail. Aujourd’hui, certaines de ces valeurs se perdent. Je souhaite les transmettre à travers le MMA, qui est un sport suivi dans le monde entier.
Cet esprit vous accompagne-t-il aussi dans la cage ?
Bien sûr. L’essentiel est de transmettre les valeurs de respect, de travail et de bienveillance envers son prochain. C’est cela que je veux montrer aux jeunes surtout de mon pays le Sénégal.
Vous venez de signer au PFL. Comment abordez-vous cette nouvelle étape de votre carrière ?
C’est la suite logique de mon parcours. J’ai franchi toutes les étapes nécessaires pour arriver jusqu’ici. Aujourd’hui, je veux montrer au monde ce que je sais faire, aussi bien dans la cage qu’en dehors.
Votre premier combat au PFL sera face à Neshimwe. Comment comptez-vous l’aborder ?
Comme tous les autres combats. Je vais tout donner dans la cage. Mon objectif est toujours de gagner et de montrer la meilleure version de moi-même.
Est-ce vous vous sentez au top de votre forme pour votre premier combat au PFL ?
Toujours. Je me prépare sérieusement pour chacun de mes combats. Je monte dans la cage uniquement lorsque je suis au meilleur de ma forme. Mon travail est de m’entraîner dur et de donner le meilleur de moi-même.
Quels sont vos objectifs au PFL ?
Affronter les meilleurs combattants du monde et devenir champion du PFL. C’est l’objectif que je me fixe.
Cette signature représente-t-elle aussi une évolution sur le plan de votre image et de votre carrière ?
Oui, mais le travail sur mon image avait commencé bien avant le PFL. C’est grâce à cette visibilité et à mes performances que l’organisation s’est intéressée à moi. Le PFL va désormais donner une dimension internationale encore plus importante à ma carrière.
Au Sénégal, de nombreux lutteurs se tournent aujourd’hui vers le MMA. Quel regard portez-vous sur cette évolution des athlètes sénégalais ?
Ils ont énormément de potentiel. Mais le MMA est un sport très complexe qui demande du temps. Il faut respecter toutes les étapes de la formation et ne pas brûler les étapes.
Pourquoi certains échouent-ils rapidement ?
Parce que le MMA est extrêmement exigeant. Avant d’entrer dans une cage, il faut maîtriser toutes les facettes du combat. Les adversaires sont très bien préparés. Il faut apprendre progressivement et construire une base solide.
Quelles sont les clés pour réussir dans ce sport ?
Il faut être bien entouré : un bon coach, une bonne équipe, un bon management et des proches qui te soutiennent. C’est indispensable pour évoluer au plus haut niveau.
Êtes-vous en contact avec certains pratiquants de MMA au Sénégal ?
Oui, beaucoup me contactent et me soutiennent. Nous sommes un petit pays et il est important de nous soutenir mutuellement.
Gardez-vous également le contact avec vos supporters ?
Oui. J’échange régulièrement avec eux sur les réseaux sociaux, même si mon emploi du temps ne me le permet pas toujours. Après chaque combat, je prends également le temps de remercier les personnes venues me soutenir.
Pensez-vous investir un jour pour le développement du MMA au Sénégal ?
Oui, c’est un objectif. Pour l’instant, je me concentre sur ma carrière. Je veux atteindre le plus haut niveau et faire rayonner le Sénégal. Ensuite, j’aimerais contribuer au développement du MMA dans mon pays, créer des infrastructures et offrir aux jeunes les meilleures conditions pour progresser.

