Après l’éviction de Pape Thiaw, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a jeté son dévolu sur Patrick Vieira. Selon plusieurs sources concordantes, le technicien français, né à Dakar, est en discussions avancées pour devenir sélectionneur des Lions. Un profil certes plus célèbre que les deux derniers sélectionneurs sénégalais, mais pas plus séduisant dans l’idée de jeu.
À Nice, Strasbourg, Crystal Palace ou au Genoa, ses passages n’ont pas été une réussite, le technicien n’ayant jamais pu maintenir sur le long terme les bons résultats qui marquent souvent ses débuts dans un club. C’est plutôt l’espoir que Vieira soit un entraîneur à potentiel et sa renommée d’ancien joueur qui ont prévalu. En plus de la double culture, qui pourrait permettre le « recrutement » de binationaux français.
Dans tous les clubs où il est passé, Patrick Vieira a fait face à la même constante : il finit mal, voire très mal ses aventures. Avec le Genoa, il est limogé après un début de saison 2025-2026 chaotique, avec 3 nuls et 5 défaites lors des 8 premières journées de Serie A. Il n’a enregistré que 2 succès, tous face à de modestes équipes en Coupe d’Italie. Même chose avec Strasbourg, où il termine la saison 2023-2024 avec 3 défaites et une victoire, avant une pré-saison difficile avec 3 défaites et un nul. À quelques jours du début du championnat français, il quitte ses fonctions après des désaccords avec les dirigeants alsaciens. Avant Strasbourg, Vieira a également très mal terminé son aventure avec Crystal Palace. Lors de la saison 2022-2023, il a essuyé une série noire de 7 défaites et 5 nuls lors de ses 12 derniers matchs de Premier League, avant d’être viré. Son passage à Nice n’est pas une exception, où il quitte le club le 3 décembre 2020, sur une série de 5 défaites de rang.
Les résultats de ses aventures montrent que Patrick Vieira est plus un « pompier » qu’un bâtisseur. C’est la race d’entraîneurs qui réussit rapidement à relever une équipe en difficulté, de la maintenir en forme pendant un moment, avant ensuite de subir son naufrage. C’est le propre de certains entraîneurs spécialistes du maintien, incapables de faire passer un cap à leur équipe. Jusque-là, le technicien français n’a pas trouvé la solution pour s’extirper de cette spirale. Ce qui est pourtant essentiel pour réussir comme sélectionneur. La raison de cette instabilité se trouve peut-être dans son style de jeu.
Sur le plan tactique, Patrick Vieira n’est pas très loin de ce qu’ont connu les Sénégalais ces dernières années. Lors de ses périodes fastes durant sa carrière d’entraîneur, l’ancien milieu français s’est basé sur une défense solide. Bien défendre d’abord avant d’attaquer, c’est l’un de ses mantras. Avec ses clubs, il a toujours privilégié l’assise défensive aux efforts pour mettre en place des schémas offensifs variés. Ce qui a eu un vrai impact sur le style de jeu de ses équipes. Au Genoa, l’entraîneur français a mis de côté le football offensif spectaculaire et déséquilibrant pour se contenter d’un jeu pragmatique et stéréotypé. Quand son équipe menait au score, elle arrivait souvent à « fermer la boutique » pour s’imposer. À l’inverse, elle avait beaucoup de mal à poser son jeu, trouver des espaces et des solutions quand elle était menée. Résultat, sur presque la moitié (17 sur 37) des matchs disputés par Vieira en Serie A, au moins l’une des deux équipes n’a pas réussi à marquer.
Ce style de jeu, les Sénégalais l’ont expérimenté avec Aliou Cissé. L’ancien sélectionneur des Lions, qui disposait d’un réservoir de joueurs offensifs de renom, a été souvent critiqué pour un jeu minimaliste et défensif. Ce qui lui a certes réussi en 2021, avec le sacre au Cameroun où les Lions n’encaissent que deux buts en sept matchs, mais a été un échec sur les autres tournois. Lors des compétitions majeures disputées par l’ancien sélectionneur, le Sénégal est tombé à cause d’une inefficacité offensive criarde. En témoigne l’élimination en quart de finale de la CAN 2017 aux tirs au but (0-0) face à un Cameroun largement dominé par les Lions, sans pouvoir trouver la solution.
Également, face à des équipes fortes, le Sénégal version Cissé peinait souvent à marquer. Les deux meilleurs exemples en matchs officiels sont l’Algérie en finale de la CAN 2019 (perdue 1-0), ou encore la sèche défaite (3-0) en huitièmes de finale du Mondial 2022 face à l’Angleterre. D’où l’importance de disposer d’un entraîneur avec un jeu attrayant et offensif, dans un sport où il faut marquer plus que l’adversaire pour gagner et pour une équipe blindée d’avants et de joueurs à vocation offensive de grande valeur. Ce que Patrick Vieira n’est pas.

Dans les clubs où il est passé, le Français n’a pas atteint la moyenne de deux buts par match : 1,20 à Nice, 1,16 à Palace, 1,36 à Strasbourg et surtout 1,03 au Genoa, quasiment un but par match. Pourtant, l’histoire récente du football justifie l’adage selon lequel la meilleure défense, c’est l’attaque. À la Coupe du monde 2026, la meilleure défense a été l’Espagne, sélection championne avec un style de jeu attractif et offensif. Lors de la CAN 2025 remportée au Maroc, le Sénégal s’est illustré grâce à son attaque, la deuxième plus productive de la compétition (13 buts) derrière le Nigeria (14). Sur les compétitions majeures, en club comme en sélection ces dernières années, les équipes défensives gagnent de moins en moins. L’évolution tactique du football fait que désormais, les équipes avec la meilleure production offensive s’imposent le plus souvent.
Si on dissèque leur jeu, ces équipes victorieuses, en club comme en sélection, misent sur leur force offensive avant leur assise défensive. Grâce à de grands tacticiens, elles parviennent à trouver des solutions pour marquer, imposer leur jeu, mettre en place des stratégies d’attaques placées et des transitions variées. Avec Patrick Vieira, l’équipe du Sénégal devrait se présenter sous deux formes : une équipe défensive, à l’image de celle dirigée par Aliou Cissé, ou une équipe qui tâtonne et tente d’imposer un jeu offensif avec un entraîneur qui n’a pas réussi à le faire en dix ans de carrière.tincidunt at lacus quis, aliquet sagittis dui. Vestibulum lobortis leo at scelerisque dapibus. Cras sagittis, augue

