La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement appelé l’ensemble de ses associations membres à examiner dans le détail la proposition de la FIFA visant à créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés. L’instance continentale encourage ainsi le football africain à participer activement au processus de consultation globale initié par l’organisation internationale.
Une réunion d’urgence du Comité exécutif de la CAF
Dans un communiqué officiel publié mercredi soir, l’instance africaine a annoncé la tenue prochaine d’une rencontre au sommet sous la direction de son président, le Dr Patrice Motsepe. Cette réunion du Comité exécutif de la CAF sera principalement consacrée à l’évaluation approfondie de cette initiative stratégique baptisée « FIFA Forward Enterprise ».
Révélé en début de semaine, le projet de la FIFA repose sur la création d’une entité commerciale dédiée, la FIFA Forward Enterprise (FFE). Cette structure aura pour mission de piloter la gestion des activités commerciales telles que les droits de diffusion, le sponsoring, la billetterie et les licences, ainsi que la supervision des grands événements mondiaux à l’image de la Coupe du monde et du Mondial des clubs.
Un enjeu financier colossal de 4,2 milliards de dollars
L’objectif affiché par la FIFA est de céder une part minoritaire du capital de cette nouvelle entité à des investisseurs privés afin de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation globale de la FFE estimée à 20 milliards de dollars. En cas de concrétisation, cette manœuvre permettrait à chacune des 211 fédérations membres de percevoir une prime exceptionnelle de 20 millions de dollars dès le début de l’année 2027, tout en portant leur dotation quadriennale pour la période 2027-2030 de 8 à 20 millions de dollars.
Si le président de la FIFA, Gianni Infantino, vante une opportunité historique pour financer le développement du football mondial, le projet suscite de vives réticences à l’échelle internationale. L’UEFA, plusieurs grandes fédérations européennes ainsi que l’Union européenne ont vivement critiqué cette initiative, dénonçant une mercantilisation accrue du sport et de potentiels conflits d’intérêts. De leur côté, les confédérations nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC) ont déploré un manque de concertation préalable avant la médiatisation du projet.
Malgré ces réserves internationales, la CAF réaffirme sa volonté de maintenir le dialogue afin de soutenir l’accroissement des ressources financières destinées au développement du football sur le continent africain.

